16. août, 2019

Partie 38

Nous avons laissé mon père à sa planque pour discrètement partir à la recherche de Xal. Mon père peut sans problème venir à bout d’un bon nombre de créatures de l’ombre avec son pistolet magique, mais il sera vite submergé et surpassé. Xal sera plus efficace. Pour ça, il faut d’abord le retrouver. Je suis certain qu’il a profité qu’on ai le dos tourné pour partir à la recherche de la mystérieuse sorcière recluse d’Ombral. Elle est dans tous les livres d’histoires concernant cette dimension. Je ne sais pas quel âge ça lui fait, ni pour elle, ni pour Xal, mais ce dont je suis certain, c’est qu’ils étaient tous les deux très proches à une époque. 

 

J’essaie de me rappeler mes lectures sur ce monde afin de déterminer le chemin à suivre pour la rejoindre. Seulement, je ne pense qu’à mon père qui nous a demandé de le laisser au village pour surveiller les créatures de l’ombre. Je le sais fort, et puissant mage, mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter un peu. 

 

Nous atteignons la forêt rapidement et nous nous y aventurons. Un énorme rugissement fend alors l’air à travers les branches. Beck devient nerveux et se précipite en direction du bruit. Je le suis de prêt et nous nous enfonçons dans la forêt profonde. Un nouveau grognement se fait entendre, cette fois dangereusement près de notre position. En écartant lentement les lianes d’un saul, la scène qui s’offre à nous glace le sang. Xal, que nous croyions si docile, est en position d’attaque et des flammes d’une couleur bleu électrique jaillissent de son pelage avec rage. Devant lui, une jeune fille encapuchonnée est accroupie et lui tend une main hésitante. Elle n’a pas l’air effrayée, mais ne semble pas sereine pour autant. 

 

Beck risque un pied en dehors du buisson, mais je l’arrête dans sa lancée, avec un sort de télékinésie dont j’ai le secret et le force à s’accroupir. Il se tourne brusquement vers moi, mille et une questions dans les yeux. Je sais qu’il s’inquiète de ce que Xal pourrait faire. Nous ne l’avions jamais vue ainsi. Néanmoins, d’un signe de la main, je le somme d’observer un instant. J’ai un étrange pressentiment sur cette fille. 

 

Accroupie, une cape rougeâtre traînant sur le sol recouvre son corps, ne laissant voir que ses genoux et un bout de cotte de mailles en fer blanc sur sa poitrine. Elle tend la main, sans détacher ses yeux du regard enragé de Xal. Elle ne dit rien, silencieuse et sans crainte. Quand Xal lance un rugissement perçant, sautant et martelant le sol de terre de ses pattes massive, le danger ne fait plus aucun doute et mon emprise sur le corps tendu de Beck se brise. Il sort alors du buisson et pose rapidement sa main sur le dos de Xal pour le calmer. 

 

-Il ne supporte pas qu’un étranger le touche, avertit-il avec empressement la jeune fille toujours accroupie qui baisse finalement la main. 

Xal se calme finalement au contact de Beck et je sors à mon tour du buisson. L’étrangère se relève en me voyant arriver, rabattant sa cuculle sur ses épaules. Au même moment, une vague de flammes s’étendit sur ses cheveux, des racines aux extrémité, avant de s’éteindre dans un souffle. Son identité ne fit plus l’objet d’un seul doute. 

 

-C’est ce qu’il t’as dit? 

La clarté de sa voix semblait crépiter sous la chaleur, et ses yeux, prendre une couleur de feu de forêt. 

-Les tigres ne parlent pas, affirma Beck avec conviction. 

-J’ai offert ce don à sa famille à une époque. Quand sa mère fut assassinée, il n’a plus voulu prononcer un seul mot. 

Nous gardons le silence alors qu’elle continue de parler. 

-Ce n’est pas qu’il ne supporte pas d’être touché, c’est qu’il a simplement peur de te blesser. Il semble que tu aies beaucoup de valeur à ses yeux. J’en suis heureuse. 

-Qui êtes vous? Finit-il par prononcer.

-Ses sentiments pour moi sont différents, dit-elle sans répondre alors que je ne la quitte pas des yeux. Ce n’est pas de la peur. C’est de la colère et du chagrin.

 

Ses dernière paroles se font dans un lourd sanglot.