7. avr., 2018

Partie 10

Je finalise mes bagages. Jacob et ma mère sont supposés m’attendre à l’aéroport de Montréal dans quatre heures. Je prends mes cahiers de compositions et des livres que je n’ai pas encore lus et les place dans le compartiment extérieur droit de mon sac Adidas et garde l’autre pour mes articles de toilette et mes sous-vêtements. Voilà un mois que l’école est finit, deux mois que j’ai reçu leur visite surprise. Honnêtement, je crois que j’aurais préféré que ça dure encore quelque temps. J’ignore si je suis prête à me retrouver en compagnie de cette femme tous les jours de ma vie au cours des huit prochaines semaines.

J’écarte mon appréhension du revers de la main et ajoute mon kangourou et mon pantalon de jogging dans la poche centrale.

-Toc toc toc, dit Élisa en entrant dans ma chambre.

-Salut.

-Buck viens de recevoir un appel de Jed.

-Il a retrouvé ses parents? Lui demandai-je.

-Non, il cherche encore. Il a des pistes.

-Cool.

Elle s’assit sur mon lit, à côté du sac.

-Alors, c’est le moment? Dit-elle.

-Ouais.

-Tu te rends compte? Ce sera la première fois qu’on sera séparé aussi longtemps.

-Je sais, ne me le rappelle pas, je vais pleurer.

-Mais non, riposte-t-elle pour me rassurer, ça va bien se passer.

Puis, elle passe ses mains derrière son cou pour détacher son pendentif. Un œil bleu avec une pupille violette et un contour blanc miel.

-Tient!

-Je peux pas, répondis-je. C’est ton collier préféré.

-Ça te donnera une raison de revenir, dit-elle en souriant. Je veux le récupérer.

On se sourit et je le prends pour le fixer autour de mon propre cou.

-Tu es prête, Alice, dit Diana en entrant. Buck t’attend en bas.

-Oui.

Je referme la fermeture éclair et accroche mon sac à mon épaule. Élisa se lève et je la prends dans mes bras, en la serrant de toutes mes forces. Puis, on sort toutes les trois de la chambre et engageons le couloir, puis l’escalier. Arrivé en bas, il y a Alex et Brad à côté de l’entrée. Je leur secoue les cheveux comme une grande sœur agaçante avant de les prendre simultanément dans mes bras.

-Faites pas trop de bêtises, les morveux. Passez un bel été.

-Toi aussi, crièrent-il dans mes oreilles.

Je me relève en me massant les oreilles devant leur air rieur. Je leur ébouriffe une dernière fois la crinière et me retourne vers Diana. Je prends une grande respiration contrôlé et lui ouvre finalement mes bras. Elle ne perd pas de temps à profiter de l’occasion pour venir s’y réfugier.

Je l’écarte gentiment et me retourne vers la porte. Porte que Buck m’ouvre sans attendre. Je lance mon sac dans le coffre.

-Alice, cri la voix d’Élisa.

Je fais volte-face.

-Ton téléphone et ton portefeuille.

Je vais la voir pour les récupérer et la serre une dernière fois dans mes bras.

-J’ai déjà hâte que tu reviennes. Dit-elle la tête coincée dans mon cou.

-Moi aussi.

On se libère mutuellement, et je gagne la voiture avant de m’attacher et de déposer mon cellulaire et mon portefeuille dans la boîte à gant. 

Buck s’attache, démarre la voiture, fait le tour des miroirs pour s’assurer que rien n’entrave sa sortit de la cours, puis finalement, relâche le frein et nous décollons. C’est partit pour une bonne heure et demi de route.