7. avr., 2018

Partie 11

Nous arrivons à l’aéroport de Montréal deux heures moins quart à l’avance. Buck s’arrête devant l’entrée et m’aide à sortir mes valises de la voiture.

-Bon, tu as des sous-vêtements, ton pyjama, des vêtements chauds au cas où il ferait froid la nuit, ta brosse à dent.

-Premièrement, oui, lui répondis-je amusée, et deuxièmement, c’est un peu tard pour me faire vérifier tout ça.

-C’est vrai. Téléphone et porte-feuille?

Je vérifie dans mes poches, mon sac à main, pas là.

-Non, la boite à gant.

Buck prend une petite course vers l’auto et pour aller les chercher.

-Espèce de tête en l’air, dit-il en me les tendant.

Je lui souris, faussement honteuse et les plaçai dans mon sac à main.

-Passeport?

-Oui, sacoche.

-Copie du passeport?

-Valise.

-Deuxième copie du passeport?

-Buffet, à la maison.

-Parfait, s’écrit-il un peu nerveux.

Il me prend dans ses bras à m’étouffer, encore une fois, très nerveusement.

-Calme-toi, tentai-je de le rassurer, je suis partit deux mois, c’est tout.

-Je sais, mais tu me connais. Instinct parental. Papa d’accueil poule et tout ça. C’est la première fois que l’une de mes filles part aussi loin.

-Ça va aller, détends-toi. Je vais y aller, ok? Je vous appel.

-Dès que tu arrives.

-Oui.

-Tous les soirs.

-Ça non.

-Bon, j’aurais essayé. Ça coûte rien.

Je le prends dans mes bras une dernière fois, puis empoigne mes sacs pour pénétrer dans le bâtiment. Je me dirige vers les comptoirs d’accueil pour enregistrer mon billet, puis je vais m’assoir sur les chaises d’attente afin de, bien sûr, attendre l’arrivée de Caleb et de Cassandra. Je pose mes sacs sur les deux bancs de chaque côté de moi pour m’assurer qu’aucun inconnu ne décide de s’assoir près de moi et sort mon téléphone et mes écouteurs de mon sac à main. Je choisis une chanson de Céline. Ça me relaxe.

Quelques minutes plus tard, je sens une main frôler mon oreille. Je l’attrape en vitesse avant de me retourner vivement.

-Désolé.

-Caleb. Tu m’as fait peur.

-Tu devrais pas dormir. C’est dangereux que quelqu’un vole tes affaires, dit-il en faisant le tour des sièges pour s’asseoir à côté de mon sac Adidas, alors que je retire mon second écouteur pour enrouler le fil sur mon téléphone.

-J’étais réveillé, tu t’en serais rendu compte si tu n’avais pas essayé de m’enlever mon écouteur par derrière.

-Oups!

Je regarde autour de nous à la recherche de Cassandra, épiant chaque recoin. La fontaine à eau, la boutique de souvenir, le comptoir d’enregistrement, la porte des toilettes. Peut-être est-elle en train d’évacuer son repas du midi.

-Cassandra, dis-je distraitement.

-Elle ne vient pas.

            -Ha. Comme c’est surprenant.

            Je m’en doutais. Elle n’a pas changé d’une miette. Je me rassois, involontairement déçu. J’aimerais qu’elle n’ait pas d’emprise sur mon esprit et ma façon d’observer le monde, mais il faut croire que je suis restée une petite fille de six ans qui attend maman à la garderie.

            -C’est pas ce que tu penses, s’empresse-t-il de dire. Elle est repartie en France il y a deux semaines. Elle s’est dit que tu serais pas à l’aise de voyager avec elle.

            Nous avons attendu une heure de plus l’un à côté de l’autre sans rien se dire de plus, quand le micro de l’accueil s’est fait entendre. Notre avion allait bientôt décoller. On se dirige à l’endroit où on enregistre nos bagages après avoir fait voir nos billets au monsieur qui nous l’a demandé. Je dépose mon gros sac sur un tapis roulant, il est fouillé, on me demandé de jeter ma bouteille d’eau ou de la boire. J’ai pas soif. Puis mon sac disparait vers la soute à bagage, j’imagine. On fait passer nos bagages à main dans une sorte de scanner, enfin, mon bagage à main à moi. Caleb n’a que son portefeuille apparemment.  On nous fait passer dans une arche de métal, une machine pour détecter toute forme de métaux ou objet suspect, teste qu’on passe facilement. Ce qui me surprend un peu, je trouvais que Caleb, avec son look de motard, aurait pu être du genre à avoir un piercing sur la carotte.

            On finit par se diriger vers le couloir qui mène à l’entrée de l’avion. Je trouve mon siège et m’assois côté hublot. Caleb se place juste à côté de moi. C’est partie pour mon premier voyage en avion et les secousses de départ ne sont pas pour me rassurer.