7. avr., 2018

Partie 12

-Je vais à la toilette, dis-je en passant devant Caleb pour quitter mon siège.

-Ok, répond-t-il en poussant ses jambes de côté de façon à ce que je puisse passer.

Je me dirige ensuite vers le derrière de l’avion, ouvre la porte des toilettes et fait ce que j’ai à faire. Je vous épargne les détails. Je me suis toujours demandé où s’en allait tout ce papier, urine et défécation. Est-ce que ça reste dans l’avion et c’est vidé lorsque l’appareil est à terre? Dans ce quand je n’ai jamais vu ou entendu personne faire le témoigne d’avoir vu faire ça un jour. À moins que tout ne soit relâché de l’avion au fur et à mesure. Si cette option est la bonne, je viens peut-être d’uriner dans le verre de champagne de quelqu’un. Qui sait?

En ressortant, je croise une hôtesse qui, en se retournant vers moi avec deux ou trois canettes de Pepsi, m’adresse un large sourire poli. En même temps elle ne doit pas avoir le choix. Je verrais mal une hôtesse de l’air faire la tête. On la remercie, même si je la comprendrais de craquer parfois. Il existe trop de crétins dans le monde, il n’y a pas que les gens de bonne famille qui voyagent. Il y a aussi des enfants pleurnichards et des vieux grincheux. Enfin, je crois, j’imagine en tout cas.

-Vous croyez que je peux avoir une bouteille d’eau? Lui demandai-je en lui rendant son sourire.

-Bien sûr, attend!

Elle me fait dos pour ouvrir le réfrigérateur transparent qui était derrière elle, y enfonce son bras, avant de le ressortir et de me tendre ce que j’ai demandé.

-Merci.

-De rien, jeune fille.

Elle retourne à ses occupation alors, que je repousse le rideau qui me séparait de l’espace des siège et la scène que je vois me clou sur place. Caleb affiche un regard agacé à un point tel qu’il pourrait se mettre à éclater d’une seconde à l’autre. Un monsieur d’une trentaine d’année est penché sur son épaule.

-S’il te plaît, le jeune, aller.

-Non.

-Tu n’a pas vu celle qui est à côté de moi, j’en ai marre d’être assis à côté de jacasseuses.

-Non.

-S’il te plaît, un petit service. Entre homme. Aller.

-Non, répète-t-il sans broncher devant l’insistance de cet homme.

-Écoute, je vois bien que t’ai un beau gars et que tu dois sans doute voyager qu’avec de belle femme. T’es pas forcé de les garder pour toi. Fais un geste.

Caleb tourne la tête lentement en grimaçant.

-Laisse-moi celle-là, tu l’as eu pour toi pendant presque tout le voyage.

Soudain, Caleb lui attrape la gorge avec le pouce et l’index devant les autres passagers ébahis de surprise.

-Oui et elle reste avec moi, mais toi, tu dégages. C’est clair?

L’homme, dont le visage et les yeux commencent à virer au rouge vif, se met à hocher la tête vivement en claquant le bras de Caleb pour qu’il le relâche. Je m’empresse de les rejoindre.

-Caleb.

Il se tourne vers moi et m’observe un instant avant de le libérer. Le trentenaire se dépêcha de regagner sa place et repris la mienne aux côtés de mon… heu… de Caleb. Gênée, j’entends les autres voyageurs chuchoter discrètement et je me doute bien qu’ils parlent de nous.

-Merci.

-Pourquoi.

-C’est la première fois qu’on me défend comme ça. Je veux dire, en tant que grand frère.

-Qu’est-ce que tu racontes. Tu as un grand frère, non? Jed, je crois.

-Oui, il est ce qui se rapproche le plus d’un grand frère, mais il a toujours été trop vieux pour qu’on puisse fréquenter les mêmes écoles au moment, donc il n’était pas vraiment là pour me défendre comme tu l’as fait, alors merci.

-T’inquiète pas, à l’avenir je serai toujours là.

Je souris et il me pousse gentiment d’un léger coup d’épaule.