5. août, 2020

Partie 41

Je ne m’explique pas pourquoi j’ai tant de mal à révéler ce que je suis. Je me suis senti si proche de mon père quand j’ai touché cet arbre. Pour la première fois dans ma vie, je me suis réellement senti proche de lui. Nous étions connectés. En phase l’un avec l’autre. Je sais qu’Alphonse ne l’aime pas. Je me demande d’ailleurs s’il savait pour les pouvoir de mon père. Il l’aurait peut-être davantage apprécié. Sans doute m’aimera-t-il si je lui disais. Est-ce que j’ai même le droit d’en parler? 

 

D’un autre côté, je me refuse à nourrir ce sentiment, malgré moi perscistant, d’avoir quoi que ce soit à lui prouver. Je ne veux pas ramper à ses vieux pieds de discriminateur en quête d’un brain d’amour comme un chiot en manque d’attention. Je n’ai jamais été comme ça. Je rage à la pensée de son regard inquisiteur sous lequel je me sens un peu plus pathétique chaque seconde qui passe. C’est peut-être de la fierté mal placée, mais j’aimerais qu’il apprenne à m’aimer pour moi. Parce que je suis sa petite fille, parce que ce genre d’amour devrait être inconditionnel. Qu’il m’aime avec ou sans capacité particulière. Je n’ai pas envie de ternir la mémoire de mon père pour chercher l’affection d’un homme qui ne fait aucun effort.

 

-Bon, m’arrête Nellya, l’après-midi avance vite et j’ai promis à mon père de l’aider.

-Oh! Ok!

-Ça va si je te laisse?

-Bien sûr, vas-y! Il doit t’attendre.

-Je suis heureuse qu’on ai pu passer du temps ensemble, me dit-elle avant de me laisser à l’entrée du village des dépendances.

-Moi aussi, dis-je dans le vent, consciente qu’elle ne puisse plus m’entendre.

 

Je l’observe s’éloigner quelques secondes et prend la route du lac. Je ne met pas bien longtemps à gagner la plage. Je cherche une présence famillière, mais ne perçoi rien. En m’approche de l’eau, je tente la métode de mon inconnu pour établir une vue d’ensemble du secteur en projetant mes racines sous terre. Une douleur aigu m’assaille, mais hypnotisée par le contact émit entre moi et la nature, mon corps refuse de s’arrêter. Il cherche un obstacle. 

 

 

Nous croisons plusieurs créatures de l’ombre sur notre route à la recherche de civils, mais aucun n’est assez fort pour nous mettre la misère. J’entre dans une maison, Beck pénètre la demeure voisine. 

 

-Il y a quelqu’un? Je veux vous sortir d’ici, je cris en fouillant le rez-de-chaussé. 

 

La pièce principal est vide, il y a très peu de meubles. Les gens qui y vivaient devaient être très pauvre. J’entre dans une chambre. Un corps gît sur les draps. Un liquide sombre coule de sa bouche et son visage est recouvert de veines noires. Ses doigts noircient des ongles à la peau reposent au centre de son torse. C’est un homme âgé, mais sa mort n’a rien de naturel. On l’a installé ainsi de manière délibéré. Ceux qui s’en sont chargé l’aimaient. 

 

Un hurlement d’horreur éclate en soubassement de la maison. Je me précipite à la recherche d’une trape me permettant de descendre. Je la trouve dans une petite pièce seulement meublée d’un seau en métal et d’un bassin en bois suffisamment large pour y faire entrer un enfant. Je range mon sabre dans mon dos et utilise l’échelle. La cave ne laisse entrer aucune lumière, mais les tisons qui émanent de mon arme me permettent de voir à plusieurs centimètres devant moi. J’avance prudemment et finis par discerner une ombre d'apparence humanoïde que ma lueur n’arrive pas à dissiper. Puis un grognement rauque tombe et un second cri plus perçant est poussé. Je dégaine mon sabre et fais quelques pas supplémentaires pour révéler les yeux rouge sang d’une créature de l’ombre et une petite fille terrifiée blottie derrière des caisse en bois.

 

Mon sabre enflammé levé, je fend l’obscurité et m’empresse de transpercer l’ombre, mais il esquive avec une contre-attaque. Je fais un 360 sur moi-même pour l’éviter et retente ma chance. Ma lame troue sa tête et poursuit sa course jusqu’à s’enfoncer dans le sol de terre. Le corps glaireux et noirâtre de la créature s’écoule sur mon sabre avant de partir dans une fumée matte.

 

-Suis-moi.

 

La gamine cours vers moi et m’attrape le bras en pleur. Après l’avoir aidé à remonter l’échelle, nous sortons de la maisons et rejoignons Beck dehors, accompagné quant à lui, d’un vieux chien mal en point. Voilà qui lui ressemble bien.